Cinéma

« Elle », de Paul Verhoeven. Pervers, provoquant, redoutable.

 

Elle tournage
Paul Verhoeven sur le tournage de son film « Elle », avec Isabelle Huppert.

Le réalisateur néerlandais Paul Verhoeven signe pour la première fois un film entièrement tourné en France, avec des acteurs français, mais dont le scénariste est américain. Dans « Elle », Isabelle Huppert tient le rôle d’une femme inébranlable et toute en ambiguïté. Le film vient d’être présenté en compétition à Cannes. Il est adapté d’un roman français écrit par Philippe Djian, « Oh… ! ».

Le topo :

Michèle Leblanc est agressée et violée dans sa grande maison de banlieue parisienne où elle vit seule. Elle ne porte pas plainte par la suite et reprend sa vie entre sa société de jeux vidéo qu’elle dirige avec son amie Anna, sa liaison avec Robert le compagnon de celle-ci, son fils Vincent, son ex-mari Richard, ses voisins Patrick et Rebecca. Mais elle développe une fascination naissante pour son agresseur.

La bande annonce

Paul Verhoeven :

« J’avais la crainte que le film ne soit même pas sélectionné à Cannes ; pour moi, c’était excessivement important au cours de ces deux derniers mois, de voir si le comité de sélection accepterait le film, et le fait qu’il ait été sélectionné était pour moi la chose la plus importante. »

« Les possibilités que j’ai eues en France de faire ce film ont été extraordinaires, en premier lieu, Isabelle Huppert. »

La force du film : Paul Verhoeven joue avec les codes du thriller psychologique. Il nous tient en haleine jusqu’à la révélation de l’identité de l’agresseur, en plein milieu du film… Ce basculement intervient donc en plein milieu de l’intrigue. Intrigue qui, en fait, ne repose plus sur cette révélation, puisque la perversité ne fait que commencer. En effet, Michèle, au lieu de se poser en victime, rentre dans un jeu de séduction avec son propre agresseur… Qu’elle ne dénonce même pas. Entre désir et fascination, l’actrice mène le jeu avec poigne, et reste fidèle à ses rôles de femme fatale, froide, presque insensible. Quant à Laurent Lafitte, il est impeccable, dans le rôle du voisin trop parfait. Son sourire est ravageur…

Isabelle Huppert : « C’est le portrait contemporain d’une femme qui décide de ne pas subir, et de prendre le contrôleIl émerge de tout cela une figure féminine assez moderne. »

Huppert

Le film oscille entre scènes violentes et humour léger, entre thriller érotique et pure comédie – la mère cougar, le fils un peu bête, la belle-fille hystérique -. Alors que l’on vient de rire, la musique suspense reprend et l’on replonge dans l’ambiance glauque de Basic Instinct. Ainsi, il semble difficile d’enfermer le film dans un genre, c’est aussi son originalité.

« Pour Elle, j’ai été influencé par mes films américains. Et j’ai toujours eu ça, ce sentiment qu’un sujet aussi lourd et noir a besoin d’être contrebalancé par de l’humour. Je me protège ainsi du sujet.« 

Le seul bémol : le choix des acteurs secondaires, en particulier Virginie Efira, pas du tout crédible en catho coincée.

 

Elle de Paul Verhoeven, actuellement en salles.

Interview du réalisateur dans « La Grande Table » sur France Culture.

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