Exposition

Expositions de l’été… Derniers jours !

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C’est bientôt la rentrée, mais vous n’avez pas eu le temps de voir certaines expositions phares de l’été… Il n’est pas trop tard ! Voici une petite sélection…

 

 

LES HUGO, UNE FAMILLE D’ARTISTES

 

Hugo

Dans la famille Hugo, nul n’aura échappé à la malédiction de l’art…

Maison musée, et pourquoi pas maison de famille ? Les collections conservent d’importants témoignages de la créativité de Victor Hugo transmise sur pas moins de six générations. La publication d’un livre sur Hauteville House par Marie et Jean-Baptiste Hugo est l’occasion de célébrer les Hugo, famille d’artistes.

Maison de Victor Hugo

Exceptionnellement l’exposition se déroule sur la totalité des salles. L’entrée du musée est donc intégralement payante. Plein tarif 8 euros / Tarif réduit 6 euros

Ouvert du mardi au dimanche et certains jours fériés de 10h à 18h.

  • Jusqu’au 18 septembre

 

 

JARDINS D’ORIENT

DE L’ALHAMBRA AU TAJMAHAL

IMA
Khamsa nameh de Nizami pour le Prince Awrangzeb, Inde moghol, 1640-1645

Cette extraordinaire histoire des jardins d’Orient, venez la découvrir… au jardin : pendant toute la durée de l’exposition, le parvis de l’IMA est investi par un jardin éphémère exceptionnel. Confiée au paysagiste Michel Péna, cette interprétation contemporaine des jardins d’Orient se veut une invitation ludique et sensorielle à s’imprégner des multiples facettes d’un art millénaire. Le visiteur peut lézarder et déambuler à sa guise dans ses allées de roses et d’orangers, de palmiers et de jasmins, avant que ses pas ne le mènent à la découverte d’une immense anamorphose végétale imaginée par François Abelanet.

Institut du monde arabe

Billet expo: 12 € (tarif plein) / 10 € (tarif réduit)

Du mardi au vendredi 10h-18h

Week-end 10h-19h

  • Jusqu’au 25 septembre

 

 

DE LA CARICATURE A L’AFFICHE (1850-1918)

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Le début du siècle voit s’éteindre ou se retirer de la scène, Toulouse Lautrec, Chéret, Mucha. L’absence de leurs images crée alors un sentiment de vide d’autant plus fort qu’elles étaient omniprésentes sur les murs de la ville. Un vide qui a laissé s’installer l’idée que l’art de l’affiche est resté moribond jusqu’en 1918. C’était mal connaître le rôle joué par les dessinateurs de presse et les caricaturistes durant cette période. Les annonceurs d’alors repèrent leur trait acerbe, leur maitrise du raccourci, leur art de l’ellipse, qui rejoignent les premières théories publicitaires. Ces dessinateurs prennent le relais et renouvellent le genre en profondeur. Parmi eux Jossot, Sem, Barrère, Guillaume, Gus Bofa, Roubille, ou Cappiello. Réalisée à partir des collections du musée, l’exposition retrace ce moment de l’histoire de l’affiche intimement lié à l’histoire de la presse, aux contextes politiques et économiques depuis 1850.

Musée des Arts Décoratifs

Plein tarif: 11€ / Réduit: 8,50 €

Gratuité pour les 18-25 ans (expo temp. hors nef)

du mardi au dimanche de 11h à 18h – dernier billet vendu à 17h30 ;  le jeudi : nocturne jusqu’à 21h (uniquement pour les expositions temporaires) – dernier billet vendu à 20h30 ; fermé le lundi.

  • Jusqu’au 4 septembre

 

 

UN ART PAUVRE

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Avec « Un art pauvre », manifestation pluridisciplinaire et inédite, le Centre Pompidou propose d’examiner les pratiques artistiques attachées à la question du « pauvre » dans la création dès les années 1960 : dans le domaine des arts plastiques, avec l’éminence du courant de l’Arte Povera, dans le champ de la musique, du design, de l’architecture, du théâtre, de la performance et du cinéma expérimental.

Centre Pompidou

Musée – Niveau 5, Galerie 4 – Centre Pompidou, Paris

Tarif: 14€ / TR:  11€

  • Jusqu’au 29 août

 

 

MARCEL GAUTHEROT, JOAQUIM PAÏVA ET VIK MUNIZ

UNE SAISON BRESILIENNE

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MARCEL GAUTHEROT

Pleins feux sur le Brésil ! Des chantiers fous de Brasilia racontés par Marcel Gautherot aux sambas échevelées du carnaval observées par Joaquim Païva, cette passionnante contrée se dévoile dans toute sa richesse. En guest star, Vik Muniz et ses détonnantes illusions d’optique.

Maison européenne de la photographie

PLEIN TARIF : 8 €TARIF RÉDUIT : 4.5 €

Ouvert au public du mercredi au dimanche, de 11h à 19h45.

Fermé lundi, mardi, jours fériés, et périodes d’inter-expositions.

Fermeture des caisses à 19h30.

  • Jusqu’au 28 août

 

 

ARTISTES A MONTMARTRE, DE STEINLEN A SATIE (1870-1910)

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Edouard Lefèvre, Moulin de la Galette, Aquarelle, Musée de Montmartre

A partir de 1870, la butte Montmartre devient le repaire des artistes français et étrangers. Le quartier attire par son charme bohème et parisien, ses bas loyers et ses cabarets effervescents. La bande à Picasso échange au Bateau Lavoir. 160 œuvres reviennent sur ces années d’émutation, de Signac à Vallotton, Bonnard, Satie, Toulouse-Lautrec, Utrillo, Modigliani, et autres prodiges de l’avant-garde.

Musée de Montmartre

Plein tarif: 9,5 € / Tarif réduit (étudiants): 7,50 €

Le Musée est ou­vert tous les jours, toute l’an­née, de 10h à 18h (dernière entrée à 17h15).

  • Jusqu’au 25 septembre

 

 

JACQUES CHIRAC, OU LE DIALOGUE DES CULTURES

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L’exposition dresse le portrait culturel de l’ancien Président de la République, qui fut à l’origine du musée du quai Branly – Jacques Chirac. Ou comment les fils d’un destin personnel croisent ceux de l’histoire des civilisations extra-européennes.

Musée du Quai Branly

Fermeture le lundi
mardi, mercredi, dimanche : 11h00-19h00
jeudi, vendredi, samedi : 11h00-21h00
Plateau des collections
Plein tarif : 9,00 €
Tarif réduit : 7,00 €
  • Du 21 juin au 9 octobre

 

 

MICHEL HOUELLEBECQ

RESTER VIVANT

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Non pas une exposition « sur » Michel Houellebecq, mais une exposition « de » Michel Houellebecq : comment l’écrivain produit une forme qui participe à la réinvention de l’exposition en brouillant les cartes entre littérature et photographie, réel et fiction.

Poète, essayiste, romancier et réalisateur, Michel Houellebecq a un lien étroit avec la photographie, qui accompagne et prolonge sa réflexion depuis le début de sa carrière, et dont il fait souvent état dans ses romans. L’exposition est un scénario qui conduit le visiteur au travers des obsessions de l’écrivain.

Palais de Tokyo

À découvrir de midi à minuit, tous les jours sauf le mardi.

  • Jusqu’au 11 septembre

 

 

LE GRAND ORCHESTRE DES ANIMAUX

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Hiroshi Sugimoto, Alaskan Wolves, 1994

Du 2 juillet 2016 au 8 janvier 2017, la Fondation Cartier pour l’art contemporain présente Le Grand Orchestre des Animaux, inspiré par l’oeuvre de Bernie Krause, musicien et bioacousticien américain. L’exposition, qui réunit des artistes du monde entier, invite le public à s’immerger dans une méditation esthétique, à la fois sonore et visuelle, autour d’un monde animal de plus en plus menacé.

Fondation Cartier pour l’art contemporain

Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 20h. Nocturne le mardi jusqu’à 22h. Tous les jours à 18h visite guidée de l’exposition avec le billet d’entrée. Dans la limite des places disponibles. Fermeture le lundi.

Tarifs : 12€ / Tarif réduit : 8€ (étudiants, – de 25 ans, senior, demandeurs d’emploi et bénéficiaires des minima sociaux, Maison des Artistes)

 

  • Jusqu’au 8 janvier 2017 (hey oui, vous avez encore le temps…)

 

 

Alors… Vous avez fait votre choix ?

 

 

Exposition, Une vie, une oeuvre

Paula Modersohn-Becker, précurseur oubliée de l’art moderne

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Paula Modersohn-Becker, Portrait de jeune fille, les doigts écartés devant la poitrine, vers 1905. Coll. Von der Heydt-Museum, Wuppertal

 

Paula Modersohn-Becker voulait peindre et c’est tout. Elle était amie avec Rilke. Elle n’aimait pas tellement être mariée. Elle aimait le riz au lait, la compote de pommes, marcher dans la lande, Gauguin, Cézanne, les bains de mer, être nue au soleil, lire plutôt que gagner sa vie, et Paris. Elle voulait peut-être un enfant. Elle a existé en vrai, de 1876 à 1907.

C’est ainsi que l’écrivaine Marie Darrieusecq décrit l’artiste allemande Paula Modersohn-Becker, dans sa biographie Être ici est une splendeur. Vie de Paula Modersohn-Becker (1).

Le Musée d’Art moderne de la ville de Paris présente la première monographie en France de cette artiste qui bien que méconnue du public français, est très populaire en Allemagne et est aujourd’hui considérée comme une figure majeure de l’art moderne.

Marie Darrieusecq a donc tenté de réparer cette injustice :

« Plus j’ai découvert son œuvre, plus je me suis dit que c’était insupportable qu’elle ne soit pas connue ici. Plus je l’aimais, plus je voulais la montrer, tout simplement. »

Résolument moderne et en avance sur son temps, la peintre fait preuve d’une esthétique personnelle audacieuse. Si les thèmes abordés sont caractéristiques de son époque (autoportraits, mère et enfant, paysages, natures mortes…), sa manière de les traiter est novatrice. Ses tableaux se démarquent par une force d’expression dans la couleur, une grande sensibilité et une grande capacité à saisir l’essence de ses modèles. Malgré sa courte carrière artistique réduite seulement à une dizaine d’années, l’artiste nous transmet une œuvre extrêmement riche que l’exposition retrace à travers 130 peintures et dessins dans un parcours chronologique et thématique. Un parcours unique et sensible.

 

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L’artiste Paula Modersohn-Becker

Après une formation à Berlin, elle rejoint, en 1898, la communauté artistique de Worpswede, dans le nord de l’Allemagne, où elle rencontre son futur époux, Otto Modersohn, également peintre.

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Autoportrait au sixième anniversaire de mariage, 25 mai 1906. Musée Paula Modersohn-Becker Brême

Paula Modersohn-Becker s’affirme en tant que femme dans de nombreux autoportraits, se peignant dans l’intimité, sans aucune complaisance. Cet autoportrait, où elle se dépeint enceinte, est chargé d’une certaine ironie tragique, puisqu’elle mourra à l’âge de 31 ans après avoir donné naissance à son premier enfant. Il s’agit d’une fiction totale puisque l’artiste n’est alors pas enceinte… Cette femme était prise dans des tensions entre la créativité et la vie que l’on demandait des femmes à  cette époque. Elle s’est enfuie plusieurs fois à Paris. Fascinée par les avant-gardes du début du XXe siècle, elle y effectue quatre longs séjours qui représentent pour elle une véritable libération esthétique. Elle y voit des Cézanne, des Matisse, des Gauguin, des Douanier Rousseau… Ces influences seront essentielles dans son oeuvre.

Une œuvre très courte donc, mais très intense. Elle n’a aucune reconnaissante artistique de son vivant – elle ne vendra que trois toiles de son vivant (2) – son mari très tôt, ne comprend pas du tout ce qu’elle fait. Il n’y a qu’à Paris qu’elle pourra avoir des cours de nus, à Montparnasse, le seul endroit à l’époque où les femmes pouvaient apprendre l’anatomie. Elle y trouve une liberté qu’elle n’avait pas connue en Allemagne.

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Mère allongée avec un enfant II, été 1906. Coll. musée Paula Modersohn-Becker, Brême

Cette toile montre un allaitement, un endormissement après l’allaitement dans une position très simple et confortable pas forcément enseignée dans les maternités, c’est une représentation inédite pour son année de création : 1906.

Plusieurs peintures jugées trop avant-gardistes seront présentées dans l’exposition d’ « art dégénéré » organisée par les Nazis à Munich en 1937. Sa représentation du corps féminin était non conforme aux codes. C’est probablement la première femme à s’être peinte nue, car les modèles étaient chers, tout simplement, cela donne une représentation du corps féminin très directe, dénudée aussi du regard masculin sur le corps féminin. Lorsque Paula visite le Louvre, il n’y a que quatre femmes exposantes dont Vigée Lebrun, et des centaines de femmes exposées nues. Elle se représente, ni sacralisée, ni madone, ni odalisque. Elle n’exposera qu’à deux reprises, et c’est un échec… Les critiques ont la nausée devant ses tableaux ! Elle peint seule, elle expérimente, avec une grande liberté.

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Autoportrait à la branche de camélia, 1906/1907. Musée Wolfgang, Essen.

 

« C’est la douce vibration des choses que je dois apprendre à exprimer, le crépitement en soi, de façon générale, avec l’observation la plus intime, viser la plus grande simplicité. » Paula Modersohn-Becker

C’est seulement après sa mort, en 1907, que l’on a découvert qu’elle a laissé une œuvre considérable. Au total, plus d’un millier de tableaux et dessins – il reste environ 730 toiles, un certain nombre ayant disparu pendant la guerre.

Notons qu’en Allemagne, Paula Modersohn-Becker est la première femme à avoir eu son musée. Il a ouvert en 1927 à Brême grâce à un mécène, Ludwig Roselius. (3)

 

 

(1) Editions P.O.L., 2016. L’écrivaine porte un regard littéraire sur le travail de l’artiste en collaborant à l’exposition et au catalogue.

(2) A des amis qui voulaient la dépanner, dont le tableau représentant un nourrisson que son ami Rilke lui achètera.

(3) La collection du musée a été enrichie par l’héritage de la Fondation Paula Modersohn-Becker, créée par la fille de l’artiste, Mathilde. L’ensemble a été racheté par la ville de Brême et la République fédérale en 1988, puis restauré et agrandi en 1994. Musée Paula Modersohn-Becker, Böttcherstrasse 6-10, 28195 Brême. Site du musée

 

 

 

 

Paula Modersohn-Becker, l’intensité d’un regard

8 avril – 21 août 2016

Exposition au Musée d’Art moderne de la ville de Paris

11, avenue du Président Wilson 75116 Paris

www.mam.paris.fr

Tarifs : Plein tarif 10 € / Tarif réduit 7€ / Gratuit pour les moins de 18 ans

Ouverture du mardi au dimanche de 10h à 18h, nocturne le jeudi jusqu’à 22h.

Attention, les photos ne sont pas autorisées dans l’exposition.

Application mobile : Vous pouvez visiter l’exposition accompagnée par l’écrivaine Marie Darrieusecq, application à télécharger sur Play Store et Apple Store (gratuit).